Tandis que l’activité touristique s’intensifie, cette pratique se heurte aujourd'hui à un impératif climatique. Le tourisme multimodal s’impose alors comme une alternative durable.

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Face aux défis environnementaux contemporains, la nécessité de trouver des alternatives durables et de réduire l'empreinte carbone des voyageurs devient de plus en plus pressante. L’intensification des déplacements touristiques s’accompagne d’une volonté des voyageurs de réduire leurs émissions carbone pour une consommation plus durable. Avec une croissance de 165 millions de touristes internationaux en France en 2024 par rapport à 2023, proposer des alternatives de déplacement durables est devenu l’enjeu majeur de la SNCF. Face à ce constat la compagnie ferroviaire prévoyait d’investir 3,2 milliards d’euros en 2024 pour remettre à neuf des infrastructures vieillissantes, dont plus de 1 000 kilomètres de voies.

La SNCF révèle un objectif clair : promouvoir le tourisme local et particulièrement celui desservi par son réseau. Si la desserte du train résonne souvent comme une promesse d'attractivité, il semblerait que certaines localités échappent à la règle. Levier nécessaire pour favoriser le tourisme sur un territoire donné, il reste cependant insuffisant. En effet, il convient ensuite pour la localité de mettre en place des services de transports aux abords des gares pour permettre aux touristes de prolonger leur séjour en étant assuré de pouvoir visiter la ville.

Cette question de l’accessibilité et des possibilités de déplacement sur le territoire soulève de multiples enjeux pour les territoires ruraux. C’est le cas notamment du Vaucluse, département de la région PACA qui dispose de 18 gares mais dont la fréquentation touristique varie significativement entre chacune d’elle.

Pour ce défi, il conviendra alors de comprendre comment maximiser la présence du train en la couplant avec celle de transports dit “doux” situés aux abords des gares du Vaucluse.

Une double lecture des données : du local au national

Pour mesurer la place du département du Vaucluse dans le réseau ferroviaire français, l’étude de deux croisements de données à des échelles différentes révèle le nombre total de voyageurs en train sur l’année 2024.

Le premier croisement analyse la fréquentation en gares sur 2024 en fonction du code postal, proposant une vision nationale de la fréquentation ferroviaire. Cette approche permet de situer le Vaucluse dans l’ensemble du territoire français et de comparer son poids réel face aux autres départements.

Le second croisement aborde les gares présentes dans le département du Vaucluse. Ces données proposent un aperçu de fréquentation du train gare par gare, et de mesurer les écarts importants entre quelques pôles très sollicités, et une majorité de gares rurales peu empruntées.

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À l’échelle du territoire français, le train reste massivement utilisé : plus de 3 milliards de voyageurs ont été comptabilisés en 2024, en incluant les allers-retours pour un même usager. Sur le graphique national, certains territoires concentrent une part considérable du trafic.

En totalisant les données de toutes les gares du Vaucluse, le département accueille près de 5 millions de voyageurs sur l’année. La lecture des données par code postal et à l’échelle départementale met en évidence un message clair : le Vaucluse représente une faible part dans la fréquentation ferroviaire à l’échelle nationale.

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Le département du Vaucluse compte 18 gares ferroviaires. En réalité, très peu concentrent l’essentiel du trafic. Sur ces 18 gares, seulement quelques-unes apparaissent comme poids significatif du trafic, signe d’une fréquentation annuelle très faible pour les autres.

De plus, cette situation est restée stable depuis 2015 d’après les données observées sur la plateforme data.gouv.fr. En comparant les fréquentations sur plusieurs années, les chiffres du Vaucluse n’affichent aucune progression significative.

Ces deux graphiques révèlent un contraste saisissant, alors que la France comptabilise plus de 3 milliards de voyageurs en 2024, le Vaucluse n’en représente qu’une part marginale. Une comparaison qui met en lumière le décrochage du département et renforce l’idée d’un réseau ferroviaire sous-exploité, notamment pour le tourisme de proximité.

L’offre des services post-train : un facteur clé dans le choix des destinations touristiques

Avec un total de 18 gares dans le département du Vaucluse, il convient de comprendre ces disparités de fréquentation touristique.

Pour un touriste venu visiter le Vaucluse par voie ferroviaire, celui-ci ne dispose pas nécessairement de sa voiture personnelle pour se déplacer sur le territoire. Dans ce cas, il dépend alors fortement de l’offre de mobilité post-train proposée aux abords de la gare. Cette carte interactive propose une visibilité sur la forte concentration des pistes cyclables à Avignon (cf. point jaune sur la carte intéractive) , des infrastructures s’intégrant dans les enjeux du tourisme durable.

Force est de constater que la ville est également la seule du département à proposer des vélos en libre service, une stratégie majeure dans l’attractivité touristique du territoire. En effet, si l’on compare les alentours de la gare d’Avignon à ceux des autres localités desservies par le train, la seule différence notable réside dans la présence ou non de cette offre de service. Avec 241 kilomètres de pistes cyclables, 3630 stationnements vélo et une offre de vélos en libre service, la ville tire profit de ses aménagements ferroviaires.

Une offre post train qui invite à un tourisme multimodal, reposant sur un enjeu d’accessibilité. En effet, cette invitation à une consommation touristique durable repose sur la présence d’équipements et d' indications claires en gare.